Pourquoi les start-up de l'immobilier ont du mal à se mal financer ?

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Ubérisation, digitalisation, désintermédiation... Le numérique est aussi en train de chambouler le marché de l'immobilier. Mais les financiers hésitent à investir dans ce secteur qui se réveille après les Fintech, les Assurtech, les Medtech, les Foodtech et les Edtech. Comment expliquer ce retard dans un secteur qui peut représenter -excusez du peu!- jusqu'à 17% du PIB?

 

Ubérisation, digitalisation, désintermédiation... Le numérique est aussi en train de chambouler le marché de l'immobilier. Avec de nouveaux termes, une nouvelle dynamique, des acteurs historiques qui se remettent en question et de nouveaux venus. Mais le mouvement, dans l'immobilier, est tardif, et il arrive, en Europe, bien après celui qui a touché les autres secteurs : les Fintech, les Assurtech, les Medtech, les Foodtech, les Edtech (dans l’éducation). Pourtant, le temps presse : aux USA, Google s’est mis il y a quelques mois à construire des maisons, Facebook a lancé un onglet Immobilier parmi ses marketplaces : c’est déjà le deuxième le plus cliqué. Quant à Snapchat, il est devenu en deux ans l'instrument préféré des agents immobiliers américains pour repérer les acheteurs potentiels. "Il faut aussi regarder ce que prépare Alibaba : il gère déjà tout l'immobilier locatif sur la ville de Hangzhou. Qu'est-ce qui l'empêchera bientôt de proposer de le faire en France?" s'inquiète Florian Freyssenet.

Le cofondateur de RealEstech, une structure qui va lancer un fond d'investissement de 50 à 100 millions d'euros dans le secteur, le constate : "les start-up françaises ne décollent pas parce qu'elles manquent de financement. Il n'y a aujourd'hui aucun fond de venture capital en France, ni en Europe, d'ailleurs, spécialisé dans l'immobilier". De fait, les chiffres parlent d'eux-mêmes : les levées de fonds en France dans le secteur plafonnent à 50 millions d'euros, alors que dans le monde, elles dépassent les 3 milliards d'euros. Aux Etats-Unis, l'an dernier, 50 start-up de l'immobilier ont levé plus de 10 millions chacune. Elles étaient 11 en Asie, 7 en Grande-Bretagne et… zéro en Europe continentale! Alors, pourquoi ce retard dans ce secteur qui représente -excusez du peu!- entre 12 et 17% (selon qu'on ne prend que les activités immobilières ou qu'on y ajoute le BTP) de la création de richesse nationale?

Fortes barrières à l'entrée

Une partie de la réponse tient aux caractéristiques du marché français. "Notre marché présente de fortes barrière à l'entrée, comme par exemple notre législation, particulièrement complexe", souligne Leo Bonnet, créateur de BnbLords, une jeune entreprise qui gère 600 logements de propriétaires utilisant Airbnb. Pour Robin Rivaton, cofondateur de RealEstech, la France manque encore beaucoup de transparence, "ici, la donnée immobilière n'est pas publique, et elle est détenue par les notaires et les conseils. Ce handicap d'accès à l'information, par rapport aux pays anglo-saxons, justifie sûrement une partie du retard". Mais pas entièrement : "quand j'ai créé bureauxlocaux.com, les entreprises n'avaient pas accès à l'information sur les locaux qu'elles cherchaient : elles ne savaient pas où était l'offre, ne connaissaient pas les prix ni les caractéristiques des locaux. Depuis, l'information est devenue de plus en plus transparente et un chef d'entreprise peut désormais avoir accès à toute l'offre, d'un seul coup d'œil", explique Sophie Desmazières, fondatrice du leader de l'immobilier professionnel, Bureauxlocaux.com

Article publié dans Challenge le 1/12/2017 Par Eric Treguier 

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